Duel au soleil

Lundi 8 février 2010

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Le soir devant mon miroir, Je devrais sans doute. Sans doute regarder mon corps et l'admirer. Mais des larmes tombent comme je me voûte. Sans le vouloir vraiment, inexorablement s'enfoncer.

Mes rides se faufilent, la limite d'un jour. Pitié je veux me réveiller. Les contours de mes atours. Retourner les regards, mon jeune cul ce bâtard. Où es-tu petit con ? Il est temps de rentrer à la maison. Elle est fanée la vieille plaie. Sa date est dépassée.

"C'est une pute ta princesse, elle couche avec l'autre taré". Ce soir Bellamy de Claude Chabrol, Canal + à la demande. Mon mari s'est endormi et moi je ris.

Faut que j'arrête la drogue que je ne prends pas.

Dimanche 7 février 2010

Chore - Justin Anderson
 
Voilà où est la banalité.

La banalité prépare un crumble poire pomme chocolat pour un dîner entre amis. Recevoir, rendre les invitations, entretenir la sauce amicale, sociale. C'est une chaîne sans fin, certains maillons changent, disparaissent, divorcent, réapparaissent un peu plus tard avec à leur bras quelqu'un de plus jeune, jamais plus vieux. Le repas s'est terminé vers 1h, il avait mitonné le plat principal, les invités avaient apporté du vin, on s'est même fumé quelques joints d'herbe. Enfin pour tout dire, il a surtout fumé lui, d'ailleurs il s'est fait un malaise en servant les cafés. Il est tombé de tout son bon mètre quatre-vingt-dix, c'était impressionnant. Le voir comme ça quelques secondes, allongé sur le sol, le visage livide, j'ai cru qu'il était mort. Ce mini événement a entretenu la discussion toute la fin de soirée, lui est allé s'allonger. Divorcée à 39 ans pourquoi pas ?! Mais veuve ! Vraiment ce n'est pas envisageable. Je suis bien trop nulle en gestion domestique.

Nous sommes le lendemain, nous sommes aujourd'hui. La banalité est devant la dernière part de son crumble, elle porte à sa bouche le mélange caramélisé encore meilleur réchauffé, il est 14h, elle lit un sms en symbiose avec ses pensées, la scène est tellement banale.

Qui pourrait imaginer les pensées de la banalité ? D'une soeur, d'une copine, d'une épouse ou d'une mère ? Les hommes n'ont pas assez d'imagination ou bien trop d'assurance pour soupçonner quoi que ce soit du moment que la banalité après avoir accompli ses tâches domestiques, familiales, se laisse gentiment filmer façon porno amateur par son mauvais J B Root de mari. Tout ça pour lui prouver 7 jours en avance combien elle aime ses nouveaux dessous et sa misérable vie. Personne ne peut s'imaginer que l'autre est pire.

Samedi 6 février 2010

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Rien ne s'est passé comme je l'avais prévu.

Je devais monter seule en train, jeudi matin, je me retrouve accompagnée direction Orly, mercredi en fin d'après-midi. Bastille est loin, la rue de la Roquette interminable après une demi-heure de transports en tout genre et ma soirée en avance patiente dans le hall de cet hôtel que j'appréhende de découvrir.

Rien ne s'est passé comme je l'avais prévu.

Je devais apparaître reposée et au moins bien coiffée, j'arrive essoufflée et emmêlée. Quelques minutes pour reprendre mon souffle et je me retrouve les jambes écartées et les mains bien cramponnées. Les belles façades défilent, les lumières parisiennes s'enflamment tout autour. Plus le temps d'être fatiguée, stressée, d'avoir froid ... La porte du restaurant s'ouvre, je me sens très bien, trop peut être, les mots m'échappent. Je suis assise, je goûte la chair tendre de St Jacques habillées de lard poivré, tout me semble plus fort, plus enivrant et pourtant. Tout est d'une exquise et douce simplicité. Un dernier verre, cachée sans l'être, les autres n'existent plus, je ne suis qu'une petite fille sans son déguisement, perdue au milieu de ses désirs de vraie femme. La lumière se fait douce, tout bascule vers le noir total.

Rien ne s'est passé comme je l'avais prévu. Heureusement.

Minuit et dix huit minutes. Je suis allongée sur le couvre lit, avant que mes yeux ne se ferment, je récitais ces derniers vers.

...

Il n'y a pas de destin ni de fidélité,
Mais des corps qui s'attirent.
Sans nul attachement et surtout sans pitié,
On joue et on se déchire.

...

L'Amour, l'Amour M. Houellebecq

Mardi 2 février 2010

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Il était aux alentours de 11h et j’ai eu le premier orgasme vaginal de ma vie sexuelle.

Sur le moment, j'en ai pleuré et maintenant ça me semble tellement irréel que je me demande si je n'ai pas délirer sous l'effet du traitement. J'ai toujours cru que l'orgasme vaginal n'existait pas même si certaines de mes proches, peu nombreuses, m'affirmaient le contraire. Prendre mon pied sans stimulation du clitoris était pour moi impossible. D'ailleurs, j'ai depuis longtemps arrêté de m'en préoccuper. J'ai appris à comprendre ma sexualité, à l'assumer et je m'en porte plutôt bien. Mais là, tout à coup en quelques secondes, ça m'a fait tout bizarre. Cette sensation nouvelle.
 
J’ai passé 3 jours clouée au lit, fiévreuse, je n’arrêtais pas de bouger, de parler, de crier dans mon sommeil, j’ai dormi toute seule dans la chambre d’amis pour qu’il puisse se reposer et moi aussi. Ce samedi matin, il est venu me réveiller pour vérifier ma température. Evidemment ça a dérapé. Je ne sais pas trop comment, j’étais brûlante, transpirante sous la couette, les cheveux collés, le tee-shirt que je portais était trempé, je lui ai dit que j’avais mal en avalant mais aussi au cou, au dos, tu sais là et puis là, en bas, plus bas, oui voilà là, tu y es. J’ai écarté mes cuisses, j’ai ouvert ma bouche, aucun son ne pouvait sortir, j’avais la gorge en feu et son gland contre mes amygdales totalement soumises. J’ai pris son poignet et j’ai tracé le chemin vers mon sexe en bousculant mes seins au passage, il a posé sa paume et glissait deux doigts. Il n'a pas titillé mon clitoris comme il le fait d'habitude, j'étais tellement bien, c'est monté tellement vite que je suis incapable de me souvenir, de décrire son geste, le mouvement, le rythme. J'ai jouit différemment. Pas plus fort, juste sereinement, c'est le mot qui me vient aujourd'hui.

J'ai mis quelques secondes à m'en remettre, lui ça ne l'a pas perturbé, je lui ai demandé où il avait appris ça, il m'a répondu un truc du genre, tu as une formule 1 dans ton lit depuis 13 ans et tu t'en sers comme si c'était une charette. J'ai ri en lui donnant une tape sur le torse.

Et puis je me suis remise à pleurer en le suçant.

Dimanche 31 janvier 2010

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Trop de possibilités, gangrène le choix.

Je suis raisonnablement sollicitée et je me sens de plus en plus seule et minable. Une supercherie, un leurre, une imposture.

Je me sens triste ce matin, je m'étire sur ma couette, m'amusant à immortaliser les reflets des persiennes sur mon ventre et mes fesses. Entre deux clichés, je me mets à pleurer comme ça sans pouvoir m'arrêter. Je ne comprends pas cette obsession, ce besoin de plaire sans fond, sans limite, de ne chercher qu'a être l'unique, la meilleure, la première pour tous sans exception. Même si je n'aime pas, ne désire pas, ne connais même pas.

D'être sans cesse dans le doute, dans la recherche de l'amour, de l'attention et dans n'être gavée tout autour.

C'est une maladie grave. Mon père en est mort.

Samedi 30 janvier 2010

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Brigitte et Moi - Paris Première ce soir

Je suis allongée sur mon lit, la lumière de l'ordinateur portable tamise mon decolleté et ça lui va mieux. Evidemment.

J'ai passé l'après-midi ainsi, à me reposer, à réfléchir, à vous lire, à m'imaginer, à m'étonner, à m'émerveiller, à m'exciter, à m'énerver au fil des liens. Ma gorge me brûlait, j'avais chaud puis froid et vice vers ça, je ne sais pas trop en fait, où j'avais mal, à cause de quoi ? de qui ? ça varie.

A midi, je me suis disputée avec ma soeur, ça faisait longtemps, et ça nous a fait du bien. C'est bon de pouvoir s'entendre la dure vérité, de se la prendre en pleine face, de pleurer un bon coup. Nous avons eu, la très bonne idée d'arrêter de fumer en même temps. Nos parents nous surnommaient Pinochet et Adolphine quand nous étions petites, ça vous laisse imaginer nos caractères à la con.

Il doit être 19h30, j'échange quelques sms en simultané avec deux opposés. Un threesome virtuel idéal. Le jeu s'arrête, c'est l'heure de dîner.

Je suis seule ce soir. Je regarde un docu(l)mentaire et je rigole toute seule, je me fais plaisir toute seule aussi. Mon corps brûle de fièvre et mon esprit se sent soulagé. J'ai fait ce qu'il fallait faire pour me guérir. J'ai bu mon Fervex chaud, j'ai avalé du sirop en regardant admirative les seins de Brigitte. Rien de plus simple pour passer à autres choses et arrêter d'insister quand on n'a pas le bon cv.

"C'est bon la queue d'un mec hein ?! Elle est bonne ma queue ?! ... "

...

Brigitte est morte.

Le générique de fin défile. J'adore les titres des films porno des années 70.

Paris Dernière commence. Ciao !

Jeudi 28 janvier 2010

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AnnaLemma Party

Il ne croyait pas si bien dire. Cela résume parfaitement les effets de cette photo postée hier puis supprimée.

Ce matin, ma réassurance narcissique sur mes capacités à plaire sans mes seins est réduite à zéro. Un vaste sujet. Il faut bien que je réalise un jour que me montrer nue sur un blog ne m'apportera rien à part une minable courbe exponentielle de stats aussi éphémère que la trique du matin. Je ne suis pas un modèle, je ne suis pas une artiste. Tout change, évolue, le magazine Playboy n'a de sulfureux que sa réputation et le Elle étale les poils pubiens de ses mannequins devant les regards étonnés mais nullement choqués de ses lecteurs. Mais l'image du blog intime n'évolue pas, tu montres ton cul tu veux te faire sauter, il n'y a pas d'autres alternatives. C'est un raccourci évidemment et le pire dans tout ça, c'est que je suis du même avis. Pour résumer quand je lis un blog qui dévoile les charmes de son auteur, je me dis qu'elle ou il cherche à se faire sauter par le plus grand nombre. Pourquoi les autres penseraient-ils autrement ?

Mercredi soir, j'avais envie d'être désirée, parce que je ne peux pas m'en empêcher, comme la majorité de ces filles qui étaient venues officiellement pour un apéro entre amies. Il y avait des hommes au comptoir qui faisaient tapisserie, plongés dans leur iPhone. Conséquences, je suis rentrée avec le cafard, cet endroit me rappelle ce mois d'octobre qui est passé trop vite, j'avais ce petit goût de Bellini sur la langue et j'ai tout fait le lendemain pour l'oublier. J'ai répondu à des mails, des sms en buvant des tisanes pour me calmer. Je devrais passer à quelque chose de plus dur que ce substitut de transition, ce blog, ces contacts "méthadone". Mais j'ai peur de raconter ce que j'ai dans la tête. J'ai l'impression que plus personne ne peut me comprendre. Que cette addiction de plus est sans issue.

Je vis sans véritable utilité, animalement. Je suis un animal de compagnie, je suis une petite chose, toute mignonne avec ses jolis vêtements, son cul qui se dandine derrière lui. Lundi était une bonne journée, nous avions décidé de ne pas aller travailler, de rester ensemble pour les corvées et le reste. Je suis restée accrochée au chariot et lui naviguait aisément entre les rayons, je ne suis pas très efficace dans ce rôle, il préfère faire les courses tout seul habituellement, je sais c'est louche, mais ça m’arrange. Vers 13h, nous sommes partis déjeuner avec un couple d’amis au japonais, ça semble étrange pour certains que nous préférions la compagnie des autres plutôt qu’un romantique tête à tête, c’est comme cela depuis le début. Nous ne sommes pas un couple fusionnel à part quand sa queue glisse quelque part entre mes parties concaves et convexes. Le reste du temps nous sommes distants. Hier soir c'était l'apothéose, on a du échanger deux banalités et deux reproches. 

Je vous écris tout ça mais vous vous en fichez. Moi aussi. Moi la seule chose qui m’importe depuis quelques jours c’est cette putain de phrase qui tourne en boucle, il ne se passera rien si tu ne fais rien, il ne se passera rien si tu ne fais rien. Il n’y a plus vraiment de logique entre ici et ailleurs, mon mode de vie se complait dans sa schizophrénie et une queue dans ma bouche est un rêve devenu habitude. Aussi nocif que tous ces gestes du quotidien qui nous font détester quelques minutes l’homme que l’on aime depuis trop de temps.

Les quelques cigarettes qui rythmaient ma journée me manquent terriblement. 29 jours sans fumer et j'ai pourtant l'impression d'avoir arrêté hier. Je n'étais peut -être pas prête.

Mes sautes d'humeur entre énervements, susceptibilité et mutisme commencent à faire des dégâts. Je les plains ceux qui m'aiment.

Mercredi 27 janvier 2010

La journée est longue, je croise et décroise mes jambes en attendant qu'elle passe, on me demande ce que j’ai, je réponds que tout va bien que le ski c’était super que je suis juste un peu fatiguée que j’ai perdu le rythme qu’il ne faut pas s’inquiéter. C’est toujours rassurant quand les autres se font du souci, c'est ennuyant aussi.
 
Je rentre tôt, je ne parle presque plus, je reste de longues heures toute seule dans la chambre, face au miroir, à m'enduire de crème, à changer la couleur de mon vernis, à filmer ma bouche et ma langue qui lèche mes doigts, je pourrais faire ça tout le temps, vivre qu'avec moi, mon reflet, mes frustrations, mes névroses. Je libère mes envies, elles passent par les ondes et leur impact n'est qu'un discret afflux de sang qui réveillera une queue endormie par une ennuyeuse call conference. Le moment fort de la journée. Je fais mon intéressante, je me sens vivante entre ces 4 murs et cette présence derrière moi qui n'existe pas. J’ai ce manque, la cigarette comme alibi et le reste dont j’ai honte. Cette chose étrange qui me ronge chaque jour. Cette chose rouge qui accélère mon pouls qui entraîne des réactions que les autres ne comprennent pas. Je suis d’une jalousie maladive en amour, en amitié, je ne permets rien à ceux que j’aime que je m’autorise impunément chaque jour.
 
Sur ce, je file, ce soir je reviens à mes bonnes vieilles habitudes d’alcoolique mondaine et populaire à la fois.

Dimanche 24 janvier 2010

 
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10 jours sans écrire, sans lire, sans travailler, sans baiser, juste vivre au rythme d’un planning punaisé devant un immense comptoir intarissable. S'il fallait résumer ce serait : Manger, boire, skier... Manger, boire, skier... Tout serait moins drôle s'il n'y avait pas les détails. Dès notre arrivée, le parking donne le ton, BMW, Audi, Porsche… uniquement de grosses cylindrées genre bagnoles de forains et ce n'était pas si mal penser. Dans le salon parfait pour une centaine de familles nombreuses, les tribus sont assorties aux voitures, arborant de la doudoune Moncler dans toutes les couleurs, des enfants aux cheveux longs faussement négligés, des maris mafflus accompagnés de blondes plutôt bien refaites ou bien plus jeunes. Au milieu de cette majorité, quelques spécimens rares, des couples assortis.
 
Nous avons passé 8 jours à regarder les autres déambulés, ces filles sans âge qui ne conçoivent pas la poussette sans cuissarde même quand il fait moins 15 degrès dehors, celles qui nous ressemblent et qui nous ennuient, celles que nous pourrions devenir, ces quinquas avec ados intenables montés sur snowboard qui matent les culs des jeunes mamans célibataires accrochées au comptoir, venues pour passer un peu de temps avec leurs enfants qui ne quittent jamais le mini club.
 
Nous avons passé cette semaine en parfaits GM, à reluquer les Go un verre à la main pour oublier que nous sommes venus en famille.
 
Ce soir, en repassant mes 3 panières de linge avec ma nouvelle centrale vapeur, je m'imaginais une belle queue se raidir entre les pans d'une chemise italienne, se poser entre mes seins dans un local à ski ou ailleurs. Surtout ailleurs.

Jeudi 14 janvier 2010

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Avant hier, j'acceptais un rendez-vous pour voir le physique d'une belle voix.

Hier, j'achetais un vernis pour une couleur particulière qui s'avère importable.

Aujourd'hui, je suis restée scotchée devant mon ordi toute la journée pour ne pas affronter les regards inquisiteurs.

Il arrive vers 20h, juste le temps de lui passer le relais de notre famille composée et je suis déjà Quai de la Mairie, un verre de Fontcreuse main droite. Je n'attends que quelques minutes, les autres me rejoignent, personne n'est en retard un mercredi soir. Les regards sont fatigués et souriants, chacune y va de l'état de sa vie à la petite semaine. Du champ de mines, au désert de Gobi en passant par le long fleuve tranquille, nous passons en revue les troupes. Ni pleinement satisfaites, ni causes perdues, les vies ordinaires se racontent facilement. Et puis de plat en plat, de verre en verre, la traditionnelle soirée entre filles dévie, les rares hommes conviés à nos mercredis camaïeu de roses arrivent pour le café. Des mignardises devant lesquelles les rires baissent d'un ton, les conversations deviennent dialogues. Minuit a sonné, mon voisin de table emmitouflé dans sa Branson me raccompagne prudemment à l'heure des Cendrillons de moins de 50 ans.

Je rentre avec mon sourire à deux de Qi, il range la cuisine sans me calculer.

La vie rêvée de la Ménagère quillée avec Prince charmant au bord de la crise de nerfs, c'est la mienne.

Jeudi 14 janvier 2010

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Coffee table Eero Saarinen
 
 
Celui qui se prénomme Nicolas est arrivé à l’heure. Assis devant la table basse du hall, il attendait que je vienne le chercher. Je suis agréablement surprise, la voix est raccord avec le reste, Nicolas est impeccablement assorti à mes goûts spéciaux. Nous nous sommes présentés, j’ai senti mes joues chauffées. Je lui ai demandé de me suivre, le trajet jusqu’à mon bureau dure quelques secondes, le temps pour lui de bien voir mon cul slimé de noir avançait énergiquement.
Il s'assied en face de moi, je ne croise jamais les bras, toujours les jambes, j'ai aussi ce tic de caresser ma nuque comme si j'avais mal, d'étranges sourires silencieux ponctuent nos réponses. Des études quasi similaires et une belle paire de pompes suffisent parfois pour donner envie de plus. Il était 11h15 quand nous avons échangé nos cartes. Je n’ai pas regardé s’il portait une alliance. Mon cerveau reptilien ne fait plus son boulot ces derniers temps.

J'ai cette petite vie minable où un simple rendez-vous professionnel avec une belle voix ouvre la fenêtre d'une chambre avec vue.

Lundi 11 janvier 2010

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Photographe Miles Aldridge

C’est important une voix quand on ne connaît pas l’autre.
 
Elle joue parfois de mauvais tours, je dirais encore plus que les photos.
 
Il m’a appelée deux fois pour un rendez-vous professionnel, je n’avais ni le besoin, ni le temps de le rencontrer, j’ai dit oui juste parce qu’il a une voix prometteuse.
 
J'ai accepté de le recevoir demain à 10h.
 
Demandez-moi n’importe quoi aujourd’hui, je suis capable d’accepter.

Dimanche 10 janvier 2010

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Je me retrouve gratifiée d'un troisième mouflet, un week-end entre coloriages, marmites et manucure.

Rien d'autres à faire à côté du temps qui passe, il fait froid, il neige même quelques mini flocons samedi matin, la marmaille est devant la baie vitrée émerveillée. Ici c'est rare, alors ça occupe une bonne heure.

Vendredi, j'en ai pleuré tellement j'avais envie de fumer. Aujourd'hui, je résiste en picorant des sucreries toute la journée. Le dimanche, il y a cette aguicheuse boîte de petits gâteaux, vous savez les choux à la chantilly, les éclairs, les religieuses, les mille-feuilles et le Castel que personne ne veut. 

Comme dans les romans, Il n'arrive rien de spécial aux mères de famille embourgeoisées pas plus qu'aux filles des années 80 qui s'élargissent du cul devant facebook plus vite que si elles se faisaient engrosser.

Pour me rassurer, en comptant mes ridules, je me réjouirais presque d'être une fille des années 70, internet c'est l'idéal pour les mariés, les infidèles et les divorcés. Ceux qui ont passé leur jeunesse à la vivre. Autour de moi, je réalise que pour les amours de la génération Y, c'est un merveilleux gâchis.

Il est 18h, je suis face à mes 50kg, je me dis que ce n'est pas bien grave si maintenant je me goinfre de pixels, si je grille mon temps à lire des blogs. Mes 30 ans, j'en ai profité.

Vendredi 8 janvier 2010

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Je devrais être souriante, shootée à l’homéopathie avec aux pieds la paire de boots qui ne manquait pas à ma garde robe. Je ne le suis pas. Je suis même de très mauvaise humeur et mes ongles peints en rouge Barcelone ne font plus illusion.
 
C'est très simple. Je vois le mal partout, parce que j’en fais. Je suis extrêmement jalouse, parce que je trompe.
 
Il est 8h30, j’arrive sur le parking sous la pluie, il fait 10°.
 
J'avais envie de rester au lit. J’étais en demande, j’avais besoin qu’on me dorlote, un réconfort rapide et immédiat, pas grand-chose. Je gratte à la porte et derrière il n'y a pas pire que moi, l’incarnation du nombrilisme par excellence qui ne voit pas plus loin que sa bite et l’envie de la fourrer dans quelque chose de chaud, de blond et de jeune de préférence. Narcisse regarde toi. C'est toi, c'est moi. Je ne la frôle pas la pathologie. Je me certifie paranoïaque. Je réponds oui à tous les chefs d'accusation, je me surestime, je me méfie, je suis susceptible et de mauvaise foi. Rassurez-vous. Je ne suis pas dangereuse. Même pas pour moi.

Juste une éternelle malheureuse.
 
Bon week-end.

Jeudi 7 janvier 2010

Il a juste dit deux fois, elle est vraiment bonne cette Natalie Zéa.

Je suis juste très jalouse, il le sait et utilise toujours le même stratagème depuis des années.
 
Dix minutes après le début du générique de Dirty Sexy Money, il a enfoncé son gland doucement, j'ai oublié de respirer, c'était vraiment bon entre deux crispations. Il va falloir q'un jour j'accepte un peu de lubrifiant, je ne sais pourquoi j'ai cette hantise que son sexe glisse trop vite et me défonce mon petit trou du cul. Mais il paraît qu'il existe des façons plus agréables et indolores de se faire sodomiser. 

Sept jours sans cigarette, je compense comme je peux.

Mardi 5 janvier 2010

Les journées décalcomanie ont repris.
 
Se lever, checker ses mails, avoir envie, travailler, checker ses mails, être déçue, manger, checker ses mails, avoir peur, s’occuper des uns et des autres, checker ses mails, être frustrée, rentrer, checker ses mails, être angoissée, recommencer le soir à l’inverse du matin. Et j’en ai déjà marre. Le temps est infinitif présent et passé sans futur. Le temps stagne en passant trop vite. Je fais toujours les mêmes choses dans un ordre différent, oui un peu de folie, vite vite vite. Il y a bien ses choses cachées que je vis par procuration, que je lis et auxquelles je réponds mais ce n’est plus suffisant. J’ai cette lourde sensation de m'amuser toute seule à ce jeu même pas dangereux.

Je ne supporte plus d'être addict à ma messagerie, à ma google reader... au net en général. Je vis, j'ai même une vie plutôt bien remplie mais de ne pouvoir m'échapper intellectuellement que par ce biais me désespère. J'aime écrire, j'aime être lue, j'aime lire les autres mais j'ai l'impression que ça ne me sert à rien que je perds mon temps que je délaisse mes proches que je me recroqueville sur moi même en ne pensant qu'au monde virtuel.

Hier soir, il me propose un petit scenario, toujours le même, l'homme n'est pas très imaginatif quand il s'agit d'enfoncer sa bite, je dois monter me changer, m'habiller comme une pute, redescendre, ne pas parler, le sucer, compresser sa queue entre mes seins et finir à cheval sur lui pour regarder ensemble la fin d'un gang bang qui lui aura beaucoup plu.

J'ai dit non. Entre états dépressifs et agressifs, j'oscille.

Les phénomènes de rebond dus au sevrage à la nicotine durent en moyenne 15 jours.

Plus que 10.

Lundi 4 janvier 2010

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Photographe Bob Richardson

Lundi 4 janvier 2010

Il est 8h du mat, levée depuis déjà deux heures, je suis devant mon écran, je réponds aux mails, je prends des nouvelles, je souhaite une bonne année… rien de répréhensible, de dangereux ou même de vraiment très excitant.
 
J'ouvre son dernier mail, je ne sais rien de lui à part sa vraie identité, le hasard ne nous a pas encore placé l’un en face de l’autre ni notre volonté d’ailleurs. J’y pense bien sûr depuis le premier mail comme toujours je m’enthousiasme, j’imagine. Les prémices d’un échange à l’aveugle sont toujours palpitantes. Le physique, la situation familiale, professionnelle de l’autre n’ont pas encore d’importance, seuls sa façon de mener le jeu, de réagir, son potentiel à faire rêver en ont. Tout ça n’est évidemment qu’éphémère, alors profitons en.

A ce jour, Monsieur Fortuit n’est pas encore une bite juste un cerveau dans lequel j’ai très envie de m’installer.

Il est probable que nous restions tout deux au chaud derrière nos écrans.

Je ne pense pas qu'internet facilite l'adultère, il permet seulement à ceux qui ne sont pas exigeants de baiser plus facilement.

Vendredi 1er janvier 2010



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Photographe Tony Kelly

J'ai d'abord changé de couleur de cheveux puis de coupe, hier soir assise calmement cigarette main droite ce n'était plus vraiment moi.

Cela fait plus de 24 heures que j'ai arrêté de fumer et ça me rend déjà dingue.

Cette nuit, c'était bien, entre vulgarité maîtrisée et gaîté exacerbée, cela faisait une dizaine d'années que je n'avais passé un réveillon en dehors de la sempiternelle soirée entre amis chez les uns ou les autres. Nous étions une centaine de personnes aux âges incertains. Ceux approchant la trentaine qui veulent une vie installée et qui en paraissent dix de plus et ceux autour de la quarantaine faisant tout pour ne pas faire leur âge. La tenue, les artifices, le corps entretenu, un super capital génétique ou même un très bon chirurgien, peu importe la lutte est perdue d'avance au centre d'une bande de Gossip girl, on ne se sent ni beaux ni laids, juste vieux.

Il était presque minuit, mon voisin de table me chuchote à l'oreille qu'il se sent comme dans un début de Marc Dorcel, je souris en me disant qu'aucune d'entre elles ne passera sous la table pour lui sucer la queue, et c'est bien dommage, j'aurais bien aimé voir ça en vrai avant de le faire moi-même sur le chemin du retour pour de faux.

Bonne année.

(Je ne me prénomme pas Frieda).

Jeudi 31 décembre 2009

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Poster Mossy Tiles


Je suis rentrée tôt, je me suis assoupie sur le canapé quelques minutes et puis à l'instant j'ai eu envie de t'écrire.

C'est dommage que tu ne me lises pas.

J'ai relu quelques posts ici et là, je me suis dis que peut être tu pourrais arriver à me comprendre, à m'aimer.

Je vais aller me préparer dans quelques heures je fêterai cette fin d'année.

Rien n'aura changé.

A demain.

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